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vendredi, février 11, 2022

DISCOURS DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, CHEF DE L’ETAT, S.E.M MOHAMED BAZOUM – DEUXIEME EDITION DE LA CONFERENCE AFRICAINE POUR LA PAIX – NOUACKCHOTT, MAURITANIE

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Bismillahi Alrahmane Arrahim

 

· Monsieur le Ministre des affaires islamiques et de l'enseignement originel,

· Mesdames et messieurs les ministres,

 

· Son éminence, l'érudit, le Cheikh Abdullah Bin Beyyah, Président du Forum d'Abu Dhabi pour la Paix, Président du forum pour la promotion de la paix dans les sociétés musulmanes,

 

 

· Mesdames et à Messieurs les ambassadeurs, Éminents Oulémas de toute l'Afrique, Mesdames et Messieurs,

 

Je voudrais remercier très sincèrement Cheikh Abdullah Bin Beyyah, Président du Forum d'Abu Dhabi pour la paix pour l'honneur qu'il me fait de me donner cette belle occasion de m'adresser à ce parterre prestigieux d'hommes de foi, d'hommes érudits pour parler de l'Islam et de la Paix telle que conçue par cette religion.

Ce débat est nécessaire, que dis-je?, il est urgent tant il est vrai aujourd'hui qu'au nom de l'islam, il se passe de par le monde tellement d'abominations. Ceux qui travestissent tant l'islam et qui en donnent une image internationale si négative, le font au nom d'une lecture du Coran aux antipodes de ce que ce texte délicat contient. Notre devoir est de battre en brèche toutes ces lectures perverses et les comportements hérétiques qu'elles génèrent afin de faire triompher le projet profondément humaniste de cette religion si éloignée de la caricature qui en est donnée.

Je suis particulièrement heureux que ce débat ait lieu en Mauritanie, matrice d'un Islam qui fut porté par des hommes tout aussi savants que dévoués et qui en ont assuré l'expansion dans tout le Sahel et bien au-delà. Cet Islam de la Mauritanie est le modèle authentique d'un islam qui ne fait aucune place à la violence et aux élucubrations théoriques qui lui servent de carburant.

Mesdames, Messieurs,

La salutation d'usage du musulman qui a introduit mon propos, revendique déjà l'intention pacifique qui est au principe de notre vie profane et sacrée.

L'islam a en effet toujours prôné la paix et le respect entre les individus, entre les peuples et avec soi-même: la bienveillance à l'égard des peuples et des religions abrahamiques est un principe à la fois religieux et social. Même dans le contexte de la région d'Arabie du 7eme siècle, la paix entre les tribus fut requise, dans l'optique de mettre fin aux razzias pour la tranquillité des populations et de leurs activités économiques, notamment le commerce caravanier. L'islam a alors aussitôt institué un calendrier sacré qui proposait des trêves dans les différents conflits tribaux et commerciaux. La tribu des Quraysh a joué à cet égard un rôle important dans le processus d'unification des tribus vivant des activités pastorales et de la razzia. Les retombées du commerce vont pacifier les conflits tribaux dans la région du Hidjâz, berceau de l'islam, particulièrement à la Mecque. Le principe du conflit n'avait certes pas disparu car des formes de violence ont persisté se traduisant par des pratiques d'asservissement, d'esclavage, et d'autres types de tensions, mais les mœurs s'étaient singulièrement pacifiées générant un sentiment de sécurité accru.

L'islam se fonde donc sur une demande de paix, d'amour, de bienveillance et de reconnaissance de la dignité humaine, sur une base de transcendance et de foi partagée. Il propose une société de paix et de concorde, par-delà les Arabes, à l'ensemble de l'humanité. En faisant de la science un impératif, à travers l'injonction à la lecture ( Iqra!) l'islam crée les conditions pour éviter que la pratique de la foi ne soit en contradiction avec la bienveillance et l'humilité saintes qui sont indissociables de la paix.

De nombreuses Sourates insistent et révèlent en effet avec clarté les liens étroits entre paix et islam.

" la vérité provient de notre Seigneur ; dis : celui qui veut être croyant, qu'il le soit et celui qui veut être incroyant, qu'il le soit" (Coran, Sourate 18, verset 29).

" pas de contrainte en religion" (Sourate 2, verset 256) ou encore " Dieu n'aime pas les agresseurs" (Sourate 2, verset 290).

Ou cet autre verset dans lequel il est dit: " les serviteurs du Miséricordieux sont ceux qui marchent avec modestie et qui répondent: Paix! Aux ignorants qui leur adressent la parole" (Sourate 25, verset 63).

Il n'est pas superflu de rappeler que les termes de Silm et Salâm , au sens de paix, concorde, par opposition à la guerre, reviennent dans 49 sourates.

En effet la paix est au principe de la quête du musulman qui est tout sauf soumis: islam veut dire humilité, au sens où Socrate affirme le " connais-toi, toi-même" comme éthique de l'humilité par le refus du péché d'orgueil et de vanité, et donc par reconnaissance réflexive des limites de l'humain fini.

L'ouverture à la tolérance et l'humilité procèdent d'une quasi nécessité: la vertu du musulman est d'apprendre ( Iqra) de façon à éviter de se penser au-delà de son créateur, comme cause première du Monde et de son être.

Pour bien comprendre cela, il faut se référer au sens conféré au mot Jihad, ce terme si galvaudé et si controversé de nos jours. L'acception de ce terme la plus répandue procède en vérité d'un malentendu car le Jihad consiste dans un effort et une quête avant tout personnels et spirituels. L'homme doit par le Ijtihad chasser en soi l'orgueil et la vanité afin de recevoir humblement la parole de paix dans l'âme et le cœur du musulman pacifié par la pratique et le rituel des obligations de la foi et surtout , apaisé par la présence du divin en lui et hors de lui.

Ce Jihad majeur, spirituel, qui diffère du Jihad mineur (qui se traduit par la guerre) permet de canaliser la violence des pulsions sataniques en l'homme et sublime les violences guerrières en ascèse spirituelle et en apprentissage incessant de la paix sociale, politique et psychique. Un musulman authentique est un homme de paix en quête de bienveillance pour que la pureté de son cœur l'ouvre à la quiétude et à la paix de Dieu, pour le plus grand bien de la Umma. La grande discorde ( Al fitna Al kebira) est celle qui fissure l'âme du croyant qui laisse alors la vanité terrestre parler en lui à la place de Dieu qui a déposé en son âme sa parole ( Kalam) par le biais du livre saint.

Ainsi, l'expression de la conversion : " Aslam taslam" peut-elle s'entendre et se traduire en deux sens: " soumets-toi, tu auras la vie sauve" ou "embrasse l'islam, tu seras en paix". Si l'on oublie que l'un des noms de Dieu est Salam, on peut se méprendre dans une compréhension  littérale perdant de vue l'injonction divine en l'occurrence de faire la paix avec soi, l'autre et le monde.

Mesdames, Messieurs,

En vérité, il y'a lieu de ne pas confondre les guerres à mener. Les juristes malikites au Maghreb ont réglé la question de la façon que nous savons. Il faut selon eux obéir à l'autorité qui respecte la pratique religieuse des citoyens et des assujettis à la loi divine. En ce sens l'autorité religieuse légitime, qui n'est pas aveuglée par le présent est celle qui autorise la paix civile et ne confond pas les conflits dans le monde spirituel et ceux du monde terrestre, afin de mieux chasser en soi la violence et d'éviter la guerre entre les hommes.

Il ne peut donc pas y avoir de vrais musulmans terroristes et criminels, l'islam condamnant les tueries des innocents. Tout homme qui consolide la paix est sous la bienveillance et la grâce de Dieu. Tout homme qui assassine et tue, au nom de Dieu, des frères et des sœurs, est un vulgaire criminel doublement fautif. La violence terroriste est ennemie de Dieu car elle est ennemie de la paix qui est le Nom de Dieu pour tous les musulmans de la terre. Les dogmes figés hors de l'histoire dont se prévalent de façon totalement illégitime les criminels sont des repères maintenus hors de la dialectique du sens du Coran et sa compréhension. C'est pourquoi ils produisent des systèmes figés, qui mènent inévitablement aux conflits de civilisations en niant le caractère profondément inclusif et fraternel de l'islam.

L'hérésie consiste donc à oublier le sens de l'étude et de l'humilité à la base de la pratique rituelle et ritualisée de l'islam menant à cette paix fraternelle et juste. La paix de l'islam nécessite un travail, un effort continu afin de mener l'humain à la profonde reconnaissance de pratiquer cette paix, en soi et hors de soi, comme étant le chemin divin et la voie de l'ouverture à l'autre comme éthique de vie pieuse. C'est en ce sens que nos sociétés trouveront la justice et la bienveillance garantes de la paix et de la sécurité dans le monde.

Mesdames, Messieurs,

Aujourd’hui, les pays du Sahel sont ravagés par une guerre implacable, qui est le fait de jeunes embrigadés au nom de l'islam et dont la violence cruelle a provoqué de milliers de morts et de centaines de milliers de déplacés voués à la précarité absolue, pour la plupart, ironie du sort, des musulmans. Il a pu arriver que des personnes aient été tuées en masse à l'intérieur de mosquées et cela même au cours du mois sacré de Ramadan. A-t-on vraiment besoin d'être particulièrement averti sur ces questions pour se rendre compte que ceux qui ont pu créer de tels monstres sont tout sauf des hommes ayant le moindre égard pour l'islam? En vérité, dans le Sahel plus qu'ailleurs la prévalence et l'instrumentalisation d'idées prétendument rigoristes masque difficilement ce qui n'est qu'une entreprise sordide d'enrichissement de personnes minoritaires abusant de l'ignorance d'une masse aliénée et vouée à leur merci. 

Les jeunes incultes préposés à la violence dans notre région, qui pensent être au service de Dieu sont en réalité au service d'hommes cupides qui leur ont ordonné de voler le bétail des pauvres et d'imposer une dîme sur les plus pauvres appelée scandaleusement Zakat. Les régions du Mali, du Niger, du Burkina et du bassin du lac Tchad affectées par ce fléau du terrorisme se réclamant de l'islam connaissent de véritables drames humains sur fond de catastrophes économiques dont les effets marqueront pour longtemps les populations qui y vivent. Ce n'est pas un hasard si c'est  au Sahel que les deux grands groupes terroristes internationaux que sont DAESH et AL QAEDA disposent d'épigones dont les emprises aléatoires sont appelées Provinces. Loin d'être révélateur de la viabilité des fausses doctrines sous-tendant leur projet, le phénomène est en train de prendre un tournant caricatural qui est révélateur de son impasse morale et politique. Si cet espace du Sahel est aujourd'hui le théâtre de ce drame, cela n'est tout simplement révélateur que du faible degré d'éducation des jeunes et de l'état de leur détresse sociale. C'est en tout cas loin d'être la preuve d'un quelconque succès de leurs doctrines criminelles.

C'est plutôt la paix qui est la vérité politique et spirituelle de l'islam. As salam est l'attribut de Dieu qui est répété journellement par le musulman.

Tâchons alors par nos actes et nos paroles de pacifier le monde où la violence et la division sont des défis quotidiens pour le musulman authentique.

Je vous remercie pour votre écoute bienveillante et je vous prie de recevoir l'expression de toute ma volonté de fraternité, d'unité et de concorde.

 

Assalam aleïkoum. 

Que la Paix soit sur vous, mes frères.


lundi, octobre 01, 2018

A QUOI L’ON PEUT MESURER LA SAGESSE.

    Le surcroît de sagesse se laisse mesurer exactement d’après la diminution de bile.
        NIETZSCHE; Le Voyageur et son ombre; Aphorisme 348.

jeudi, septembre 27, 2018

CONSTANTE ACCELERATION

    Les personnes qui commencent lentement et qui se familiarisent difficilement avec une chose, possèdent parfois plus tard la qualité de l’accélération constante, - en sorte que personne ne sait finalement où le courant peut encore les entraîner.
        NIETZSCHE; Le Voyageur et son ombre; Aphorisme 331.

vendredi, avril 27, 2018

L’ENSEIGNEMENT DE LA MACHINE


    La machine enseigne par elle-même l’enchaînement des foules humaines, dans les actions où chacun n’a qu’une seule chose à faire : elle donne le modèle d’une organisation des partis et de la tactique militaire en cas de guerre. Cependant, elle n’enseigne pas la souveraineté individuelle : elle fait une seule machine du grand nombre et, de chaque individu, un instrument à utiliser en vue d’un seul but. Son effet le plus général est d’enseigner l’utilité de la centralisation.
        NIETZSCHE; Le Voyageur et son ombre; Aphorisme 218.

mardi, mars 20, 2018

Investissement !!!

Usain Bolt a gagné 9 médailles d'or durant les 3 derniers jeux olympiques, alors qu'il a couru moins de 2min sur le terrain!
Ça c'est de l'économie d'effort 😎

Ucain Bolt a couru moins de 115s dans toute sa carrière olympique, et il a gagné 119millions de dollars !!!
Plus d'un million de $ pour chaque seconde qu'il a courue !!!

Une toute nouvelle unité de mesure quand on "court pour l'argent"... 1M$/s !

Mais pour ces 2s... il s'est entraîné plus de 25ans !
Ça c'est de l'investissement !

C'est un peu la même chose pour les médecins... le patient pense qu'un médecin lui prescrit un traitement après l'avoir examiné pour 5 petites minutes, s'indigne même de payer une consultation aussi courte...
Mais ça lui a pris toute sa jeunesse d'apprendre à diagnostiquer en 5min !

Une pensée à mes amis médecins

mardi, août 08, 2017

L’ART D’UNE EPOQUE LABORIEUSE

      Nous possédons la conscience d’une époque laborieuse : cela ne nous permet pas de réserver à l’art les meilleures heures et les meilleurs matins, quand même cet art serait le plus grand et le plus digne. Il est à nos yeux affaire de loisir, de récréation : nous lui vouons les restes de notre temps, de nos forces. – C’est là le fait principal qui a changé la situation de l’art vis-à-vis de la vie : lorsque l’art fait appel aux réceptifs par de grandes exigences de temps et de force, il a contre lui la conscience des laborieux et des hommes capables, il en est réduit aux gens indolents et sans conscience qui, par leur nature, ne sont précisément pas portés vers le grand art et qui considèrent les prétentions du grand art comme de l’insolence. Il se pourrait très bien que le grand art fut à sa fin, parce qu’il manque d’air et de libre respiration : ou bien encore faudrait-il qu’il essaie de s’acclimater dans une autre atmosphère (ou du moins de pouvoir y vivre), dans une atmosphère qui n’est en somme que l’élément naturel du petit art, de l’art du repos et de la distraction amusante. Il en est ainsi presque partout maintenant, même les artistes du grand art promettent une récréation et une distraction, eux aussi s’adressent à l’homme fatigué et lui demandent les soirées de ses journées de travail, - tout comme les artistes comiques sont satisfaits d’avoir remporté une victoire sur le front chargé de plis sévères et sur les yeux caves. Quels sont donc les artifices de leurs plus grands confrères ? Ceux-ci ont dans leurs armes les excitants les plus puissants qui parviendraient même à effrayer l’homme à moitié mort, ils possèdent des stupéfiants, des moyens de griser, d’ébranler, de provoquer des crises de larmes : par tous ces moyens, ils subjuguent l’homme fatigué et l’amènent dans un état de fébrilité nocturne, de débordement, de ravissement et de crainte. Aurait-on le droit d’en vouloir au grand art, tel qu’il existe aujourd’hui sous forme d’opéra, de tragédie et de musique, à cause des moyens dangereux qu’il emploie, comme on en voudrait à un pêcheur perfide ? Certainement non : car il préférerait cent fois vivre dans le pur élément du silence matinal et s’adresser aux âmes pleines de vie, de force et d’attente, aux âmes du matin chez les spectateurs et les auditeurs. Remercions-le de préférer vivre ainsi que de s’enfuir ; avouons-nous aussi que, pour une époque qui apportera dans la vie des jours de fête et de joie, libres et pleins, notre grand art sera inutilisable. »
        NIETZSCHE; Le Voyageur et son ombre; Aphorisme 170.

samedi, mars 11, 2017

CONTRE LES IMAGES ET LES SYMBOLES

    «Avec les images et les symboles on persuade, mais on ne démontre pas. C’est pourquoi, dans le domaine de la science on a une telle terreur des images et des symboles ; car ici l’on ne veut précisément pas ce qui convainc et rend vraisemblable, on provoque, au contraire, la plus froide méfiance, rien que par les moyens d’expression et les murs nus, parce que la méfiance est la pierre de touche pour l’or de la certitude. »

           NIETZSCHE; Le Voyageur et son ombre; Aphorisme 145.

mercredi, novembre 30, 2016

LA CONVENTION ARTISTIQUE

  Ce qu’a écrit Homère est aux trois quarts convention, et il en est ainsi de presque tous les artistes grecs, qui n’avaient aucune raison de s’adonner à la rage d’originalité qui est le propre des modernes. Ils n’avaient aucune crainte du conventionnel ; c’était un moyen d’entrer en communion avec le public. Car les conventions sont des procédés pour l’entendement de l’auditeur, une langue commune péniblement apprise, au moyen de laquelle l’artiste peut véritablement se communiquer. Surtout pour les poètes et les musiciens grecs, quand il veut être immédiatement victorieux avec son œuvre d’art – étant habitué à lutter publiquement avec un ou deux rivaux – aussi, être compris immédiatement est la première condition : ce qui n’est possible que par la convention. Ce que l’artiste invente au-delà de la convention, il l’ajoute de son propre chef et s’y risque lui-même, au meilleur cas avec ce succès d’avoir créé une nouvelle convention. Généralement, ce qui est original est regardé avec étonnement, parfois même adoré, mais rarement compris ; vouloir échapper avec opiniâtreté à la convention, c’est vouloir ne pas être compris. A quoi vise donc la folie d’originalité des temps modernes ? »
       NIETZSCHE; Le Voyageur et son ombre; Aphorisme 122.

mardi, juillet 05, 2016

SAVOIR AUSSI GOÛTER LE CONTRASTE

     «Pour goûter une œuvre du passé comme la sentaient ses contemporains, il faut avoir sur la langue le goût qui régnait alors, un goût dont elle se différenciait. »
       NIETZSCHE; Le Voyageur et son ombre; Aphorisme 100.

dimanche, avril 17, 2016

Qu'est-ce que la philosophie islamique ?

Qu'est-ce que la philosophie islamique ?: Nous sommes tous les héritiers de la philosophie arabo-musulmane. Sans al-Kindî, al-Fârâbî, Avicenne ou Averroès, les pensées d’Orient et d’Occident auraient emprunté d’autres

lundi, novembre 30, 2015

La justice et la force

      « La justice sans la force est impuissante, la force sans la justice est tyrannique. »

            Blaise Pascal.

Ethique et étiquette

     « Les grands hommes sont soucieux d'éthique, les petits d'étiquette. »

          Claude Frisoni.

mercredi, octobre 14, 2015

QU’EST-CE QU’ « ETRE OBSTINE » ?

    «Le chemin le plus court n’est pas le plus droit, mais celui sur lequel le vent le plus favorable gonfle notre voile : c’est ce qu’enseignent les règles de la navigation. Ne pas leur obéir, c’est être obstiné : la fermeté de caractère est troublée par la bêtise. »
       NIETZSCHE; Le Voyageur et son ombre; Aphorisme 59.

mardi, mai 12, 2015

LA SIGNIFICATION DE L’OUBLI DANS LE SENTIMENT MORAL

   «Les mêmes actions d’abord inspirées dans la société primitive par l’utilité générale ont été accomplies plus tard par d’autres générations pour d’autres motifs ; parce que l’on craignait et vénérait ceux qui exigeaient et recommandaient ces actes, ou par habitude parce que, dès son enfance, on les avait vu faire autour de soi, ou encore par bienveillance, parce que leur exercice amenait partout la joie et des visages approbateurs, ou afin par vanité parce qu’on les louait. De telles actions dont on a oublié le motif fondamental, celui de l’utilité, sont alors appelées morales : non peut-être parce qu’elles ont été accomplies pour ces motifs différents, mais parce qu’elles ne l’ont pas été pour raison d’utilité consciente. – D’où vient cette haine de l’utilité qui devient visible, alors que toute action louable s’exclut littéralement de toute action motivée par l’utilité ? – Il est évident que la société, le foyer de toute morale et de toutes louanges en faveur des actes moraux, a eu à lutter trop longtemps et trop durement avec l’intérêt particulier et l’entêtement de l’individu pour ne pas finir par considérer comme supérieur au point de vue moral, tout autre motif que l’utilité. C’est ainsi que naît l’apparence qui fait croire que la morale n’est pas sortie de l’utilité : alors qu’en réalité elle n’est pas autre chose, au début, que l’utilité publique qui a eu grand-peine à se faire valoir et à se faire prendre en considération contre toutes les utilités privées. »

       NIETZSCHE; Le Voyageur et son ombre; Aphorisme 40.